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HOFFMANN Isidore

Chronologie : 1942

Statut : 
  • DIR
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 17/10/1918  à Le Havre (76)

Mort pour la France : 06/07/1942 à Auschwitz

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 17 octobre 1918 au Havre, Isidore HOFFMAN, benjamin d’une fratrie de 7 enfants, était le fils de Jacob Hoffman et de Miriam Venitski, qui avaient quitté le Royaume-Uni en 1898 pour s’installer au Havre et avaient été naturalisés français en 1909.

Jacob Hoffman est marchand ambulant : il vend de la bonneterie-mercerie et des parfums à bord des bateaux faisant escale au port. Il est vice-président du comité de bienfaisance israélite du Havre au début des années 1910 et le demeure au moins jusqu’en 1923.

Célibataire, Isidore Hoffman résidait au 57 rue Voltaire pendant l’Occupation puis au 3 rue de la Fontaine au moment de son arrestation après l'attentat de l'Arsenal. Selon Louis Eudier, il était commerçant, marchand forain comme son père.

L’attentat de l’Arsenal : le groupe F.T.P. « Léon Lioust », dirigé par le jeune instituteur Michel Muzard, André Duroméa et Jean Hascoët, jeunes ouvriers métallurgistes, lança le 23 février 1942, place de l’Arsenal, un engin explosif sur une colonne de route de la marine de guerre allemande, 2 soldats furent blessés » (Marie-Paule Hervieu).

Exécutions d’otages : Le Generallieutenant Von der Lippe fait alors publier un avis menaçant de fusiller « trente otages juifs et communistes, si avant 12 jours le coupable n’a pas été retrouvé. Pour éviter cette sanction, la population est invitée à coopérer de toutes ses forces à la recherche et à l’arrestation du coupable ».
Le 5 avril, le « Journal de Rouen » publie un deuxième avis de Von der Lippe annonçant que « malgré ma demande, les auteurs de cette attaque si lâche sont restés inconnus (…) comme je l’ai menacé l’autre jour, la fusillade a été exécutée aujourd’hui le 31 mars 1942 ».
20 otages juifs et communistes, originaires de toute la France, furent exécutés en représailles de l’attentat de l’Arsenal (cinq le 6 mars et quinze le 31 mars) : René Carpentier, Raymond Souilliart, Maurice Guérin, Clément Toulza, René Sahors, Raymond Noël, Paul Decagny, Aristide Corre, Menachem Banach, Markus Gmach, Arnost Klein, Daniel Ilziger, Benjamin Libermann, Ziskind Arbiser, Joseph Rabinowicz, Paul Derouet, André Pichard, , Etienne Barandon, Gustave Delarue.

24 et 25 Février 1942 : les rafles d’otages communistes et israélites au Havre : suite à l’attentat, le 24 février, les Allemands raflent des hommes au jugé dans les cafés place de l’Arsenal. La rafle se poursuit le lendemain au Pont de La Barre en direction des milieux communistes et syndicalistes. Cent cinquante à deux cents hommes sont arrêtés parmi lesquels 30 otages juifs et communistes, menacés d’exécution ou de déportation en cas de non dénonciation des « coupables ».

Parmi eux, Isidore Hoffman et 8 autres Israélites (Samuel Biedny, Simon Ditchi, Simon Fdida, David Fourmann, Goldstein Abraham, Roland Lebel, Salomon Stein et Maurice Wolfovicz) sont arrêtés lors de la première rafle impliquant des Juifs au Havre.

D’abord incarcérés au Havre dans la prison du 25 rue Lesueur, puis à Rouen dans la prison Bonne-Nouvelle, ils seront ensuite enfermés au camp allemand de Compiègne-Royallieu. De là, à l’exception de Isidore Hoffman et de Roland Lebel, , ils seront déportés à Auschwitz-Birkenau soit le 5 juin 1942 (Abraham Goldstein) par le convoi n°2, soit le 18 juillet 1943 par le convoi n°57 au titre d’«otages juifs ».

Isidore Hoffman, arrêté le 26 février 1942, interné au Havre, à Rouen puis au camp de Drancy est transféré au camp de Compiègne le 15 mai 1942.
Il est déporté le 6 juillet 1942 dans un convoi de prisonniers politiques connu sous le nom de « convoi des 45000 », sous lequel les déportés du camp désignèrent ce convoi : à leur arrivée à Auschwitz, les prisonniers furent en effet enregistrés et photographiés entre les numéros « 45157 » et « 46326 ».
Madame Cardon-Hamet indique : « On ignore sous quel numéro est immatriculé à son arrivée à Auschwitz, le 8 juillet 1942. Selon la liste d’immatriculation des déportés du 6 juillet 1942 que j’ai reconstituée, il est probable qu’il ait reçu le numéro « 46.245 ». Ce numéro signifierait qu’il n’a pas été déporté du fait de ses origines juives ». L’étude de Madame Dhaille Hervieu (les juifs au Havre pendant l’occupation allemande : entre exode et destruction) indique que Isidore Hoffman était communiste.

Madame Cardon-Hamet indique que Isidore Hoffman est décédé à une date inconnue à Auschwitz. « La mention marginale apposée sur son acte de naissance en 1953 indique qu’il est « décédé à Auschwitz le 11 juillet 1942 ». Soit 5 jours après le jour de sa déportation comme cela était alors la règle pour les déportés dont on ignorait la date de décès ».

L’association Mémoire vive apporte cette information complémentaire : « Le 7 novembre 1942, son nom est inscrit sur un registre de l’infirmerie (Revier). On ignore la date de sa mort à Auschwitz ; probablement avant la mi-mars 1943 ».

Isidore Hoffman a été reconnu déporté politique.

Mémoire : Le Mémorial « Souviens-toi » au Havre comporte le nom de Isidore Hoffmann.

Nota : La famille Hoffman a été durement touchée par les mesures antisémites de Vichy et la politique d’extermination nazie. Une des sœurs d’Isidore, Anna Hoffman est déportée à Auschwitz depuis Drancy le 18 juillet 1943, où elle meurt le 23 juillet 1943 (son mari, Charles Kajler est déporté le 22 juin et meurt le 27 juillet 1942 à Auschwitz). Un autre de ses frères, Salomon (Samy) Hoffman, est déporté le 2 septembre 1943 depuis Drancy et meurt officiellement à Varsovie en septembre 1943, mais le plus vraisemblablement à Auschwitz.

Variante d’état-civil relevée dans les sources : nom Hoffman.

Rédacteur : F. Roumeguère, d’après Claudine Cardon-Hamet et Marie-Paule Dhaille Hervieu

Documents annexés : pièces du dossier AC 21 P 463751 (D. Fouache)

SOURCES

Isidore Hoffman : Claudine Cardon Hamet, Blog Politique Auschwitz

Isidore Hoffman : Association Mémoire Vive

Les juifs au Havre pendant l’occupation allemande : entre exode et destruction : Marie-Paule Dhaille Hervieu

L'attentat de l'Arsenal : Marie-Paule Dhaille Hervieu, Purh

L'attentat de l'Arsenal Les exécutions d’otages en France au premier semestre 1942, Louis Poulhès

Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie https://mrsh.unicaen.fr/dictionnaire-victimes-nazisme-normandie/html/2540_hoffmann_isidore.html


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : Non référencé
Caen:  AC 21 P 463751

Archives du collectif : 
AC 21 P 463751 (D. Fouache)


Crédit Photo de la notice :  © Davcc Caen


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Fiche mise à jour le:  07/05/2025

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