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Col. Arolsen archives
Photos


REGNIER épouse La Joye, Mauricette Marie Louise Marcelle

Chronologie : 1941

Statut : 
  • DIR
  • HELPER
Zones d'action: Le Havre , Indre et Loire

Date de naissance: 28/03/1915  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Mauricette Marie Louise Marcelle REGNIER est née au Havre le 28 mars 1915.

Son père est peintre en bâtiment, tandis que sa mère Marcelle est couturière. Durant l’entre-deux-guerres, Mauricette travaille comme ouvreuse au cinéma. Suite au décès du père de Mauricette, Marcelle Régnier part vivre dans leur maison à Pierrefiques, près d’Etretat. Mauricette rencontre Maurice La Joye, vivant rue de Condé au Havre, avec qui elle se met en couple. Maurice a travaillé sur les paquebots transatlantiques, il est plutôt de sensibilité communiste et par ailleurs syndicaliste. Mauricette et Maurice fuient l’occupation allemande au Havre et rejoignent Marcelle dans le village de Pierrefiques, près d’Etretat. Ils sont bientôt rejoint par la soeur de Maurice, Gabrielle La Joye, et André Lechevallier.

Le 28 février 1942, Madeleine Duflo rend visite à Maurice et Mauricette. Elle leur révèle que deux parachutistes britanniques se sont présentés à elle et sont cachés dans un bois près de sa ferme de Pierrefiques. Il s’agit de George Cornell et Frank Embury, tous deux parachutés la veille sur Bruneval pour l’opération « Biting ». Mme Duflo pense que le couple peut les aider à rejoindre l’Angleterre. La maison est trop petite, mais Maurice promet à Madeleine d’aider les parachutistes. Maurice contact sa soeur « Gaby » et son concubin André Le Chevallier qui se proposent de les héberger. On fabrique de faux papiers avec une fausse identité aux deux parachutistes ; l’un d’eux s’appelle désormais Rollin. Les résistants de Pierrefiques demandent à Cornell et Embury d’enlever leurs plaques d’identités "Dog Tags". Mais ils refusent, probablement, dans l’espoir d’être considérés comme des soldats réguliers en cas de capture. Pendant-ce-temps, Maurice glane quelques subsides chez des commerçants d’Etretat pour financer le voyage vers la Ligne de Démarcation.

Le 6 mars 1942, André Le Chevallier, Gabrielle Delarue, Maurice La Joye et Mauricette Régnier quittent Pierrefiques avec les parachutistes Cornell et Embury, vêtus de vêtements civils et devenus des sourds et muets. Ils prennent le train pour Le Havre à  la gare de Criquetot-l’Esneval et  gagnent un appartement de la rue Jean-Baptiste Eyries pour y rester cachés, le temps qu’André et Gabrielle fassent fonctionner leur réseau de passeurs de la Ligne de Démarcation.

Durant leur absence, Maurice et Mauricette quittent l’appartement avec les deux parachutistes, sans laisser d’explication à sa soeur et son concubin. Ils traversent à nouveau Le Havre vers la gare avec leurs valises et prennent un train pour Rouen. Ici, ils patientent pour un nouveau train direction Paris. Arrivés à la capitale, ils passent deux nuits dans un hôtel tenu par un Espagnol. Le couple et les parachutistes passent alors deux jours dans Paris comme d’innocents touristes. Ils remontent l’avenue des Champs Elysées, visitent l’Arc de Triomphe où ils se restaurent.

Le 9 mars 1942, Mauricette, Maurice, Cornell et Embury gagnent la gare de Lyon pour poursuivre leur périple vers la zone libre. La traversée de la Ligne de Démarcation est prévue pour le lendemain.

Arrivés en Indre-et-Loire, dans la gare de Bléré, ils se remettent en marche avec leurs valises le long du Cher à la recherche d’un pont. Sur le pont de Bléré, deux douaniers patrouillent l’arme à l’épaule en bandoulière. Les gens semblent passer facilement. Les quatre fuyards se divisent en deux groupes sur ce pont marchant d’un côté et de l’autre du pont. Mais le couple intrigue un des douaniers avec leurs valises, tandis que les parachutistes, portant eux aussi une valise, poursuivent leur chemin. L’arme sur l’épaule de la sentinelle nécessitant une manipulation pour être opérationnelle, Maurice fait signe aux parachutistes de s’attaquer aux soldats de dos en se saisissant de leurs baïonnettes. L’un des parachutistes semble d’accord pour l’assaut mais l’autre refuse… L’autre douanier s’intéresse alors à Cornell et Embury. Leurs papiers semblent corrects, mais leur mutisme est suspect. Le douanier fait ouvrir leur valise et découvre du beurre. Cela en est trop. Les quatre fugitifs sont emmenés.

Maurice et Mauricette sont séparés des parachutistes. Les deux groupes feignent de ne pas connaître l’autre groupe. Mais les Allemands ne croient pas à cette « coïncidence » de parachutistes largués à Bruneval qui se retrouvent en Indre-et-Loire avec des gens de Pierrefiques. Le couple de résistants est jugé par un tribunal militaire.

L'internement et la déportation

Ils passent alors de prison en prison : Angers, Fresnes et, enfin, à la prison de la Santé, à Paris, avant leur transfert vers l’Allemagne.

Le 28 janvier 1943, ils sont déportés séparément. Mauricette avec le statut NN - « Nacht und Nebel » (Nuit et brouillard).

Elle est internée à la prison de Trèves du 25 janvier (archives Arolsen) au 3 février 1943  puis à celles de Karlsruhe en Allemagne, de Bauer et enfin à Jauer en Pologne: Jawor en polonais, prison de travaux forcés pour femmes située au sud-ouest de Breslau qui reçoit les femmes NN jugées à Breslau.

Le 9 octobre 1944, elle est transférée au Kommando de Dresde,

Elle est transférée au Kommando de Dresden le 9 octobre 1944 dépendant de celui de Flossenbürg (matricule 56971).

L'évacuation a lieu en janvier et février 1945 vers le KL Ravensbrück (matricule 72140)

Mauricette est  libérée par les troupes russes le 14 avril 1945 (Asso-Flossenburg, ou le 16 avril 1945 (Fmd).

Elle est rapatriée le 28 mai 1945 à l’hôtel Lutétia à Paris.

Mauricette et Maurice survivent tous les deux aux camps de concentration. Maurice en revient particulièrement affaibli et affecté pour le reste de sa vie. Il est si affaibli, qu’il rentre au Havre sur un brancard. Ces terribles épreuves les incitent à se marier rapidement. La cérémonie a lieu le 28 septembre 1944 dans la maison de la cousine de Mauricette, rue de la Cavée Verte.  Par la suite, Maurice et Mauricette déménagent sur la Côte d’Azur, à Nice.

Le 28 août 1947, ils donnent naissance à Jacques, dit Jackie.

Le mari de Mauricette décède le 23 septembre 1968. Il avait 62 ans. Mauricette La Joye (née Régnier) décède le 28 août 1995 à Nice (06).

Mauricette La Joye a le satut de Helper (aide aux aviateurs alliés tombés sur le sol français).

Mauricette REGNIER a été homologuée FFC et DIR.

Notice mise à jour le 1er avril 2025 d'après la biographie groupe FB "Pegasus Bridge

Documents annexés : Col. Arolsen archives

Asso Flossenburg

Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 503581
Caen:  AC 21 P 584405

Archives du collectif : 
Archives L'Heure H (B. Garin) - Listing FMD (M. Baldenweck)

Bibliographie :  Citée dans : Une famille normande dans la tourmente nazie. Vie et mort du réseau de résistance Salesman. Brigitte Garin, Wooz éditions, 2020.



Crédit Photo de la notice :  Col. Arolsen archives


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Fiche mise à jour le:  15/04/2025

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