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© IHS 76 -UL CGT Le Havre
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REBEUF René Désiré Gustave

Chronologie : 1943

Statut : 
  • DIR
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 10/09/1891  à Le Havre (76)

Mort pour la France : 19/01/1944 à Schlier ou à Mauthausen (Autriche)

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 10 octobre 1891, René Désiré Gustave REBEUF, plus connu sous le prénom de Désiré, secrétaire-adjoint du syndicat des voiliers depuis 1933, était membre de la CGT clandestine et en liaison avec le Front National.

« 138 kilos, 1 mètre 69, cheveux brun clair, yeux bleu foncé, nez cassé, Désiré Rebeuf ne passait pas inaperçu. Fils d’un journalier et d’une blanchisseuse, il fut mobilisé le 5 août 1914 ; blessé dès le 21 août, il fut détaché à l’usine Schneider d’Harfleur près du Havre le 24 décembre 1914" (Maitron).
Dans un article de presse publié après guerre, Gustave Avisse précisait aussi à son sujet : « Il n’était d’aucun parti, il était plutôt du côté des Anars ! Il était en réalité échantillonneur, il travaillait sur le coton ou le café ou le coton qui venaient du continent américain ».

Avant son arrestation, René Rebeuf avait recueilli pendant plusieurs mois son neveu Edmond Rebeuf, évadé d'Allemagne, et lui avait procuré des papiers d'identité.

Il est arrêté pour résistance le 26 février 1943 à son domicile 16 rue Messerli à Sainte-Adresse par la Gestapo, vraisemblablement suspect en raison de son activité syndicaliste antérieure. Il avait été dénoncé par M. C. (tué à la libération du Havre par la Résistance) et son amie Mme G. (condamnée aux travaux forcés à perpétuité) (source : Fmd).

Il est déporté le 20 avril 1943 depuis Compiègne au KL Mauthausen (matricule 28468). Il est affecté le 8 août 1943 à Wien/Vienne, au kommando de travail de Wiener Neustad, pour commencer la production en série d'éléments des fusées V2 usine détruite par les bombardements aériens alliés.

Il est ensuite transféré au kommando de travail de Schlier REDL-ZIPF le 13 novembre 1943 pour l'implantation d'une usine secrète pour la production de carburant pour les fusées V2.

Selon Cyril Mallet, la troisième période de Schlier couvre « les derniers mois de la guerre et débute le 28 octobre 1943, date de reprise des travaux de terrassement. Cette période est synonyme pour les déportés du retour à des cadences inhumaines » (Cyril Mallet, Le camp de concentration de Redl-Zipf p. 127).

« Trois commandants S.S. se sont se succédés à la tête du camp de Schlier, assistés d’une cohorte de nazis et de kapos plus brutaux les uns que les autres, qui font vivre aux déportés un véritable calvaire et imposent un rythme insoutenable, notamment lors de la première et de la dernière période du camp. Le travail de creusement de galerie est éreintant et la nourriture quasiment inexistante. Les coups pleuvent du matin au soir et les déportés sont un peu plus affaiblis encore par les conditions climatiques de cette région autrichienne de lacs et de montagnes. Lorsqu’il pleut ou bien lorsque les déportés doivent nettoyer leurs habits souillés en raison de la dysenterie, ils n’ont aucun moyen de faire sécher ce qui leur sert de vêtement et doivent dormir avec un linge humide permettant aux maladies de sévir sur ces corps déjà très affaiblis. Les conditions de travail sont pires encore et les premières souffrances arrivent dès le chemin rendu peu praticable et boueux et menant du camp au chantier alors que le déporté n’est pas même encore arrivé sur son lieu de supplice quotidien. Combien de déportés s’automutilent-ils pour éviter de retourner au travail ? Difficile de le dire puisqu’une peine de mort est prononcée à leur encontre. Combien sont emmenés jusqu’au Revier pour se remettre de ce difficile labeur ? (Itinéraire d’un survivant du camp de concentration de Redl-Zipf: Paul Le Caër 1923-2016 »

René Rebeuf décède le 19 janvier 1944 à Schlier et son décès fut officialisé au camp central (Bddm).
« L’étude du nombre de décès par mois d’existence du camp de Zipf met en évidence deux pics de décès, à l’hiver 1943-1944 ainsi qu’à l’hiver 1944-1945. Il est certes évident que les conditions climatiques ont accéléré les choses, l’hiver étant particulièrement rigoureux dans cette partie de l’Autriche. Lors des seuls mois de novembre, décembre 1943 ainsi qu’en janvier 1944, 186 victimes sont comptabilisées à Schlier, soit 70 % des décès officiels au total. Ainsi, les trois quarts des victimes de ce kommando sont-elles décédées dans les quatre premiers mois d’existence du camp. » (Cyril Mallet, Le camp de concentration de Redl-Zipf p. 127).

René Rebeuf  a été déclaré Mort pour la France.

Les cotes des dossiers du Shd Vincennes et du Shd Caen ne comportent pas de statut d’homologation.

Mémoire : son nom est inscrit sur le Monument Résistance et déportation – Place et aire de jeux Désiré Rebeuf dans le quartier Saint Nicolas et stèle sur sa maison natale, 21 Quai de Saône au Havre.

Variante d'état-civil relevée dans les sources : prénoms Désiré Gustave (Shd, Archives Arolsen).

Rédacteur : F. Roumeguère

Documents annexés : article (Archives Municipales, Fonds Legoy) - Fiche Mauthausen (Col. Arolsen archives) - Plaque de rue (François Tocqueville) - Plaque commémorative (P. Lebas)

Sources externes :

Itinéraire d’un survivant du camp de concentration de Redl-Zipf: Paul Le Caër 1923-2016 » Association En Envor, revue d’histoire de Bretagne, 2017

Maitron

Monument-Mauthausen

Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie

 


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 502326
Caen:  AC 21 P 529709

Archives du collectif : 
Fichier DIR Fndirp 76 (M Baldenweck) - Listing Fmd (M. Baldenweck) - Les Visages des martyrs, IHS 76 -UL CGT Le Havre 2015 (P. Lebas) - Inventaire des stèles (F Amiel)
Archives municipales : 
Cote 94Z155 - cote 115Z13

Bibliographie :  Cité dans le "Livre Mémorial des Déportés de France" de la F.M.D. Tome 1 p 787



Crédit Photo de la notice :  © IHS 76 -UL CGT Le Havre


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Fiche mise à jour le:  08/05/2025

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