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© GR16P 314297
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JULIARD Louis Paul

Chronologie : 1940

Statut : 
  • FFL
  • FFC
  • FFI
Groupes : 
  • Jean
Réseaux : 
  • SAINT JACQUES
Mouvements : 
  • LIBE NORD
Unité FFL : 
  • Résistance Intérieure
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 15/10/1899  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 15 octobre 1899, Louis Paul JULIARD, membre du Mouvement Libé Nord, commerçant au Havre - il tient le café de la gare -, résidait 10 rue Charles Laffite. Il s’est marié en avril 1924 à Lillebonne avec Louise Bouteleux et sont parents d’une fille prénommée Paulette.

Ancien de la Grande Guerre, titulaire de la Croix de Guerre 14-18, il est au printemps 1940 2e classe au 285 RAL, groupe d’artillerie de campagne, de spécialité agent de liaison moto. Il est blessé à Vernonnet (27), et est fait prisonnier en mai 1940 à Argenton l’Eglise dans les Deux-Sèvres ; il s’évade de Thouars en juillet 1940.

En novembre 1940, il s'engage dans le groupe Jean (Andréani) par le biais d’Antoine Coves, et sous l’alias Petit Louis. En 1940, il facilite l’évasion de prisonniers de guerre et fait de la propagande gaulliste.

En mars 1941, il est recruté avec d’autres membres du groupe Jean par le commandant Félix Brunau (alias Nardan) avec l’alias PL 214, au réseau Saint-Jacques (sous-réseau Nardan) avec le grade d'agent P1.
Le réseau Saint Jacques, créé en 1940 par le lieutenant-colonel Maurice Duclos dépendait du BCRA (services secrets de la France Libre à Londres). Sa mission principale fut la recherche de renseignement d'ordre militaire, politique et économique et accessoirement la préparation militaire à l'action, notamment à travers le sous-réseau Nardan.
Sa centrale était basée à Paris et ses principaux sous-réseaux en région parisienne, le Nord, Le Havre (sous-réseau Nardan) et la région côtière, Rouen et la Seine Inférieure.

Louis JULIARD est nommé chef de secteur et reçoit la mission de former dans la région un service de renseignements et de Groupe franc d’action directe (groupe d’action et de combat).

Témoignage de Louis Juliard (rapport d’activité) :
« D’après les instructions reçues des rapports complets avec plans des emplacements de batteries, dépôts de munitions, cantonnement des troupes, base sous-marine etc…sont envoyés à Londres.
Aménagement dans les ruines de ma maison de chambres pour les agents de passage. Entre autres (il a) hébergé « Saint Jacques » (Maurice Duclos), poursuivi par la Gestapo, et à plusieurs reprises, Nardan (Félix Brunau).
J’ai également recueilli des soldats allemands que j’ai réussi à faire déserter, les habillant, les nourrissant, etc… certains restèrent même plusieurs mois avant que j’aie eu la possibilité de les acclimater et de les faire travailler à notre profit.
Avec mon groupe et en liaison avec le P.C. parisien, fabrication de plusieurs milliers de faux-papiers remis aux prisonniers de guerre évadés ou aux réfractaires au S.T.O. (lui-même était réfractaire)."

En mai 1944, il participe à des vols d’armes et de munitions au préjudice du dépôt de la Wehrmacht à la gare du Havre. Félix Brunau : « Le groupe enleva de haute lutte en plein midi, après avoir fait sauter une porte blindée, plus d’une tonne d’armes qui furent transportées en camion", avec la complicité de Pierre Tual, 6 rue Charles Lafitte. »
Selon le témognage de Louis Juliard, ces armes furent déposées chez lui et transportées avec Antoine Coves et ( ?) au P.C. du groupe rue Corneille et au centre F.F.I. face à l’hôtel de ville.

Lors du débarquement du 6 juin 1944, il reste à la disposition du chef de groupe pour prendre la garde tous les deux jours aux postes assignés par celui-ci.

Plus d’un mois avant la Libération, il participe à l’exécution, après avoir recueilli des renseignements précieux, de l’interprète allemand Thomas de la Feldgendarmerie. « Mort, je l’ai enterré dans les décombres de ma bâtisse », précise-t-il dans son rapport.

Louis Juliard rejoint les FFI du secteur du Havre le 1er aout 1944 en tant que chef de section du Groupe Jean (Andréani), dans le secteur de la gare et assure la sécurité du secteur compris entre la gare et la rue Aristide Briand.

Il participe le 8 septembre 1944 avec des membres du groupe de Jules Lefebvre à l’enlèvement des engins explosifs placés dans l’enceinte de la Gare du Havre sauvant ainsi toutes les locomotives que les allemands s’apprêtaient à détruire.

Avant l'arrivée des troupes anglaises, le 11 septembre 1944, "Le sergent JULIARD, avec 18 hommes, a assuré la sécurité du secteur compris entre la gare et la rue Aristide Brand, a fait 15 prisonniers, et a empêché en outre que l'ennemi fasse sauter un dépôt de munitions ainsi que l'usine électrique" (archives du Groupe Jean).

Jusqu’au 17 septembre 1944, il reste à disposition pour assurer le service d’ordre, ramasser les munitions et empêcher les pillages.

Il est cité à l’Ordre du Corps d’Armée par Ordre général N° 348 du 18 juillet 1945 signé du général de Corps d’Armée Koenig, qui comporte l’attribution de la Croix de Guerre avec Etoile de Vermeil :

« Chef de Secteur d’un dévouement et d’une bravoure remarquables, volontaire depuis février 1941 pour exécuter les missions les plus périlleuses. N’a cessé pendant plus de trois ans à harceler l’occupant par des coups de main les plus audacieux à la tête d’un groupe franc qu’il avait formé.
A réussi en 1942 à faire déserter plusieurs soldats allemands, à les garder chez lui, et enfin à les utiliser. S’est particulièrement signalé en septembre 1944, dans les combats de la Libération de la Ville du Havre en attaquant en plein jour et en réussissant à s’emparer du dépôt d’armes et de munitions que les Allemands avaient installé en plein centre de la ville. A capturé avec son groupe une centaine d’ennemis avant l’entrée des Troupes anglaises au Havre ».

Louis JULIARD fut également membre de L'Heure H.

Il a été homologué FFC, FFL et FFI.

Distinctions : Chevalier de la Légion d'honneur - Médaille de la Résistance française (1947) - Croix de Guerre avec étoile de Vermeil, 1 citation.

Louis JULIARD est décédé le 28 avril 1953 au Havre. Il est inhumé au cimetière Sainte Marie (Division : 25, Rang : B Emplacement : 20).

Variante d'état-civil : nom Julliard (liste Heure H Madame Mayer).

Rédaction : Florence Roumeguère

Documents annexés : sépulture au cimetière Sainte Marie (F. Roumeguère) - Extraits du Dossier GR 16 P 314297 (Isabelle Duhamel)

site des Français Libres du Havre 

Livre ouvert des FFL 


Décorations : 
Légion d'honneurMédaille de la résistance

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 314297
Caen: 

Archives du collectif : 
Listing Groupe Jean Andréani (M. Baldenweck) - Liste Heure H établie par Madame Mayer (M. Baldenweck) - Archives B. Garin - Archives Saint Jacques (D. Fouache) - Liste FFC 76 établie par Jean Thomas (M. Baldenweck) - Liste 76 des Médaillés de la Résistance française (M. Baldenweck) - La Résistance au Havre de 1940 à septembre 1944. Rodrigue Serrano, mémoire de Maitrise, Université de Rouen, 1999 (JH Caillard) - GR 16 P 314297 (I. Duhamel)


Crédit Photo de la notice :  © GR16P 314297


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Fiche mise à jour le:  09/10/2024

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