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© Corinne Ferrand
Photos


DAGOIS Constance, épouse Foucher

Chronologie : 1941

Statut : 
  • FFI
Groupes : 
  • Vagabond Bien Aimé
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 05/08/1878  à La Perche (18)

Parcours dans la résistance :
 

Constance DAGOIS, épouse Foucher est née à La Perche (18) le 5 aout 1878.

Son mari avait été gazé pendant la guerre 1914-1918 et il lui avait dit, avant de mourir dans d’atroces souffrances quelques années plus tard : « Si par malheur la guerre revient, - et elle reviendra -, promets-moi de faire tout ce qui est en ton pouvoir pour servir la France". Elle ne le lui promit pas, elle le lui jura…

Constance était une amie de longue date de la famille de Jean Langlois qu’elle avait vu naître. Lorsque ce dernier, créa en octobre 1940 avec deux amis le petit groupe de résistance « Honneur et Patrie » - qui prendra le nom de Vagabond Bien Aimé en 1942- , et malgré les continuelles douleurs de son grand âge et les risques encourus, Constance les rejoignit en juillet 1941 et fit partie des membres fondateurs, qui la surnommèrent affectueusement « Maman Vagabond ».

Elle avait été de nombreuses années la cuisinière des propriétaires d’un pavillon situé 8 rue François Millet et ils lui en avaient confié la garde. Elle n’hésita pas à le mettre à la disposition des jeunes résistants : Il devint leur QG et fut renommé la "Villa Liberté".

Trois ans durant, « Maman » ravitaillera journellement ses protégés, « trainant – en plus de sa vielle chienne Guiguitte », un lourd sac de provisions ».

Lorsque Jean Langlois fut arrêté le 23 novembre 1942, elle tentera en vain avec Svetislav Tsiritch d’obtenir sa libération. Elle déclara ensuite à ses camarades : « Il faut continuer, ainsi quand il reviendra, il sera fier de voir que nous avons continué le combat ». Mais Jean Langlois ne devait pas revenir : déporté, il mourut en 1943 au camp de concentration de Sachsenhausen.

En mars 1943, Jean Denis, qui avait pris la succession de Jean Langlois, fut requis au STO. Il prit le maquis et s'installa rue François Millet. Quelques jours plus tard, il était rejoint par André Truong puis Jean Maltrud.  Maman Vagabond décida de ravitailler désormais tous les membres qui viendraient à se trouver dans la même situation.

Commença alors une « vie de couvent » qui durera près de deux ans, pendant laquelle il fallut se méfier de tout et de tous, des voisins curieux, de la police, des Allemands logés dans les pavillons environnants, des employés de l’Eau, du Gaz et de l’Electricité… Les voisins voulaient obstinément savoir qui étaient ces jeunes gens, courtois et silencieux, qui venaient dans cette villa dont les propriétaires étaient absents depuis l’invasion.

En janvier 1944, la cache de la Villa Liberté rue François Millet devient trop dangereuse : une indiscrétion a appris aux propriétaires que leur pavillon était occupé. Afin d’éviter tout ennui à Constance, Svetislav Tsiritch trouve un second pavillon au n°3 de la même rue.

Constance et Les Vagabonds déménagèrent...

Lorsque Jean Denis fut arrêté au mois de mars, roué de coups, battu jusqu’au sang, elle le défendit auprès de ses parents qui ignoraient tout des activités clandestines de leur fils.

Grâce à une intervention de Svetislav Tsiritch, il fut libéré au bout d’un mois et put reprendre ses activités.

Constance n'hésita pas à se rendre un soir à une rencontre de collaborateurs organisée par la JNP - Jeunesse Nationale Populaire dans un cinéma, et à asperger la salle de tracts en pleine soirée. Elle savait que personne ne se méfierait d'une vieille dame... elle transportait dans ses cabas des tracts, journaux, papiers importants et parfois des armes.

Elle se dévoua pendant toute l’occupation. Quand les jeunes partaient en opération, elle les attendait au besoin pendant la nuit entière, priant Dieu pour qu’il les protège. Au matin, le café, le petit verre de rhum et les vêtements secs leur semblaient merveilleux.

Le 5 septembre, la première Villa Liberté fut anéantie par une bombe tombée pratiquement devant le seuil : plus de porte, de fenêtres ni de toit. La seconde Villa du 3 rue François Millet, durement touchée est branlante. Pendant que les jeunes déblaient le plus gros des décombres, Constance et les jeunes filles travaillent… « au bout d’une heure, la soupe fume dans les assiettes retrouvées intactes au milieu d’objets brisés, chacun soupe pêle-mêle dans le jardin, parmi un désordre indescriptible ».

Le 8 septembre, Constance assista à l’interrogatoire musclé du collaborateur René Linck, kidnappé en pleine rue par Maurice Lehaux et ramené à la Villa Liberté. Impressionnée, les larmes aux yeux, elle sortit de la pièce, ne supportant pas de voir souffrir quiconque…

Pendant les combats de la Libération en septembre 1944, elle continua de jouer les cantinières pour plus de cinquante personnes pendant huit jours, servant des repas à toute heure de la journée.

Elle accompagna ses « enfants » à la caserne de Sainte Adresse et ne les quitta que le jour où ils rejoignirent l’armée régulière, cantonnée provisoirement à l’Hôpital Pasteur du Havre.

Avant de partir, ses jeunes amis lui installèrent un petit appartement de deux pièces à l’emplacement de leur ancienne caserne, où elle attendit leur retour.

Malheureusement, ils ne devaient pas tous revenir.

Maman Vagabond est décédée le 22 juin 1966 et fut inhumée au Cimetière Corot (elle a – hélas - été exhumée le 1er janvier 1998).

Constance FOUCHER a été homologuée FFI. Son nom figure dans le groupe FFI Tsiritch avec le matricule 1924.

Elle était titulaire de la Croix de Guerre avec 1 citation à l'ordre du régiment. Elle fut proposée pour la Médaille de la Résistance mais son dossier ne fut pas retenu. (Archives Municipales)

Documents annexés : Photographie présumée de Constance Foucher prise le jour des obsèques de Jean Maltrud - Avis de décès de Constance Foucher (Archives Corinne Ferrand) - organigrammes du VBA entre 1940 et 1944 ( archives D. Fouache) - Extraits du dossier de Constance Foucher conservé aux archives municipales - Dossier PDF GR 16 P 154261 (A. Lemeur)

Constance Dagois sur Geneanet


Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR16 P 154261
Caen: 

Archives du collectif : 
GR16 P 154261 (A. Lemeur) - La guerre en veston, organigremme VBA 1943-1944, Archives VBA (D. Fouache) - Liste des FFI du Havre engagés au Bataillon de Marche du 129e RI (Archive Armée française, 3e Région - source : M. Leixa)
Archives municipales : 
Cote 40 Z2 - Cote 94Z155

Bibliographie :  Alain Guérin, Chronique de la Résistance, éditions France Loisirs, omnibus, Paris 2000



Crédit Photo de la notice :  © Corinne Ferrand


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Fiche mise à jour le:  30/11/2024

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