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DELACOTTE André Joseph Gaston

Chronologie : 1941

Statut : 
  • FFI
  • DIR
Groupes : 
  • France Avant Tout
  • U55
BOA : 
  • BOA
Zones d'action: Le Havre

Date de naissance: 12/05/1921  à Le Havre (76)

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 12 mai 1921, André Joseph Gaston DELACOTTE, marié en 1942 à Antoinette Milon, résidait  6o rue du général Sarrail au Havre et travaillait aux Etablissements Caillard rue de Prony.

Il procède en juin 1941 avec M. Héry au sabotage de moteurs (pompes à combustible) sur six péniches de débarquement quai Colbert, qui furent immobilisées pendant près de deux mois.
En février 1942, il participe encore avec M. Hery au sabotage d'une machine à vapeur et d'un arbre porte-hélice sur un ponton de quatre tonnes de la compagnie d'affrêtement, alors en réparation au Pont III (immobilisation d’un mois). Il participe à la propagande et à la diffusion de tracts.

Il intègre le Groupe U55 de Claude de Beaumont (sous-groupe Caillard) en juin 1942. Il participe avec Claude de Beaumont et Jean Lejeune au sabotage de la production dans les établissements Caillard : plans et fiches de travail volontairement égarés et propagande pour le ralentissement de la production.

Il est arrêté et déporté en Allemagne au camp de Flensburg le 30 novembre 1942. Employé avec plusieurs déportés français à l'atelier de réparation de moteurs, il participe avec Pierre Duval au sabotage des moteurs d'un ravitailleur en janvier 1943. il indique que Pierre Duval sera par la suite envoyé au camp de représailles de Rawa Ruska où il décèdera.

André Delacotte s’évade en février 1943 et, de retour au Havre, intègre la SNCAN jusqu'en octobre 1943, puis il est recruté aux Forges et Chantiers de la Méditerranée.
Il est contacté par le Commandant Charles Loisel le 16 juin 1943 et incorporé en décembre comme agent de liaison du BOA (Bureau des Opérations Aériennes) de la zone n° 1 (Le Havre et Seine Inférieure) avec pour pseudo V571.

Service de la France Libre en métropole, le BOA avait été créé en avril 1943 par Jean Moulin en zone nord sur le modèle du Service des opérations aériennes et maritimes (SOAM) en zone sud. Le BOA eut à sa tête Michel Pichard, Jean Ayral et Jean-Pierre Deshayes. Il opérait des parachutages, des opérations maritimes de liaison et l'exfiltration d'agents.

La mission d’André Delacotte fut de renseigner le BOA sur le système défensif allemand de la zone et sur les mouvements des navires, en liaison avec les différentes filiales du réseau.
André Delacotte effectua ces missions ainsi que du sabotage aux usines Multiplex en 1943, du transport et de la récupération d'armes au cercle Franklin, qui seront acheminées en juin 1944 du cercle Franklin à son domicile, au dépôt dit "Louis Blanc".

Lors du Débarquement de Normandie le 6 juin 1944, il passe plusieurs fois les lignes afin de maintenir la liaison entre les différents services de renseignement. .

En juillet 1944, Claude de Beaumont, devenu adjoint du groupe France Avant Tout, lui propose de rejoindre ce groupe. Dès cette époque, André Delacotte est chargé plus spécialement des questions de sécurité et du fichier dit de « collaboration ». Avec le grade de sous-lieutenant, comme adjoint de Jean Robinet, il prend le commandement d'une section de 30 hommes puis d'un commando de 104 hommes dans le secteur du centre-ville et du Rond-Point. Il a pour mission l'organisation du groupe et la recherche de munitions en vue de l'action directe.
Avec son équipe, il sabote des moteurs se trouvant aux établissements Mazeline, qui étaient destinés aux vedettes rapides basées quai de Nouméa.

Le 1er septembre, il passe les lignes pour prendre contact avec le secteur de Montivilliers.
En effectifs réduits, son commando accomplit plusieurs coups de mains dont celui du 3 septembre 1944, opération de reconnaissance et de sabotage à l'usine Multiplex, qui se solde par la mort de trois membres de France Avant Tout, (Jules Delamare, Eugène Landoas et Marcel Rougeault), repérés et fusillés sur place par les Allemands.

Le 5 septembre, il passe à l’attaque avec 33 hommes du Lycée de Garçons occupé par les Allemands. Butin : récupération d'armes et prise de deux drapeaux de guerre allemands. Le groupe procède de nuit à l'attaque d'un pavillon occupé par les Allemands, rue Guillaume le Conquérant, attaque qui leur procura également un fructueux butin.

Le 6 septembre eut lieu un coup de main à la Cie "La Salamandre", place Jules Ferry, occupée par l'ennemi. 3 prisonniers furent faits et enfermés au sous- PC du groupe chez Lucienne Girette, impasse Liard. Le même jour, soumis aux recherches allemandes, le PC doit être évacué de la rue Louis Blanc et transféré au domicile des parents d'André Delacotte, 26 rue Jules Tellier.

Le 7 septembre se produit l'arrestation d'agents allemands, Il arrête le collaborationniste Tocque rue Jules Tellier, alors que ce dernier allait faire arrêter Jean Robinet. Bernard Tocque, fut condamné par la suite aux travaux forcés à perpétuité.

Le 8 septembre, tous les dépôts d'armes du groupe France Avant Tout sont transférés au PC de l'Hôtel du Cheval Bai rue Aristide Briand, dont les 5 dépôts constitués par André Delacotte. Son commando se concentre en ce lieu, sous ses ordres.

Lorsque l'ordre d'attaque est donné le 10 septembre, il participe à la mise en place du plan d'attaque, avec pour PC le Cheval Bai. Il prend part aux combats de la Libération comme chef de commando sous les ordres du Commandant des FFI, Charles Loisel (matricule 1241).

Au soir du 10 septembre, il passe à l'attaque avec son commando sur les blockhaus de la rue (?) et celle de Trigauville et à celle du tunnel du Havre.
Le 11, à bout de munitions, et sur ordre, il se rend place de la Liberté, et à deux heures du matin, il fait la jonction avec les troupes anglaises.

Après la Libération du Havre, il s'engage dans la campagne de Libération (7e bataillon de Marche de Normandie - 21e RIC - Rhin et Danube). Il suit une préparation militaire de 15 jours et est élève officier

André Delacotte fut homologué FFI et était titulaire de la carte CVR (1956).

Il reçoit une citation à l'ordre de la Division : « Delacotte André, sergent-chef FFI. Le 12 septembre 44, est sorti à la tête de son groupe a détruit une voiture automobile, tuant 1 de ses occupants, faisant l’autre prisonnier. A attaqué un blockhaus fortement défendu, faisant 1 nouveau prisonnier ».

Il fut homologué FFI et était titulaire de la carte CVR (1956).

André DELACOTTE est décédé le 28 mai 2016 à Bourges (28).

Rédacteur : F. Roumeguère

Documents annexés : pièces du dossier GR 16 P 66789 (J-H. Caillard)


Carte du Combattant Volontaire de la Résistance (CVR): 29/11/1956

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 166789
Caen:  Non référencé

Archives départementales : 
3868 W
Archives du collectif : 
GR 16 p 166789 (J-H. Caillard) - La Résistance au Havre de 1940 à septembre 1944. Rodrigue Serrano, mémoire de Maitrise, Université de Rouen, 1999 (JH Caillard) - Chronologie des opérations U55 1943 (D.Fouache) - Fichier CVR ADSM (M. Baldenweck) - Liste des FFI du Havre engagés au Bataillon de Marche du 129e RI (Archive Armée française, 3e Région - source : M. Leixa)
Archives municipales : 
Cote GUE099 (résistants de l'ombre)


Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)

Fiche mise à jour le:  17/10/2024

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