Annuaire des résistant(e)s du Havre
BOZON André Louis Laurent
- FFI
- Sappey
Date de naissance: 30/09/1897  à Saint Claude (39)
 
Né le 30 septembre 1897 à Saint Claude dans le Jura, André Louis Laurent BOZON , Ancien combattant de la Grande guerre, était domicilié rue Michelet au Havre. Divorcé en 1943, il se remarie avec Louise Charlotte Thébaut le 26 octobre 1945 au Havre.
Il était en 1943 membre de la section Wuatelet du Groupe Sappey de Mirebel.
Il est nommé chef de la 1ère section en août 1944 (25 hommes) et adjoint au commandant.
Le jour de la Libération, le groupe Sappey rassemblait 157 hommes sous les ordres de 5 chefs de section : Wuatelet, André Bozon, Dubois, Grandjeant et Riard.
Rapport sur le sabotage et la Résistance par André Louis BOZON, groupe Sappey (archives municipales)
Le début du rapport ne date pas les actions présentées, que l’on peut situer en 1943 :
"1 - Démontage de 11 batteries d’accumulateurs sur des camions anglais que les boches avaient récupérés. Saboté les delcos et les carburateurs, percé les réservoirs d’essence.
2 – Reprise d’une machine à écrire Quai Frissard dans le poste de garde des boches, restitution à M. Olry, Dr de la maison Bourdeaux.
3 – Enlèvement de 4 futs de 200 l de carburant destinés à deux vedettes garde-côtes, ceci en compagnie des trois premiers camarades qui ont travaillé avec moi, Mr Benoît Georges (36 rue de la Mare au Clerc) Mr Vallery (Epouville), Mr Herbivot Gaston (42 rue Michelet).
Nous avons également caché au coin du hangar Worms une caisse de 50 grenades genre O (illisible en intégralité).
4 - Nous avons saboté plusieurs péniches, moteurs, cardages, devant servir au débarquement sur les côtes anglaises.
5 - Plusieurs grues électriques ont été mises en panne par nos soins, ainsi que deux cabestans, ayant recruté trois autres camarades : René Coignet, Eugène Coignet et Louis Rats.
6 - Nous avons étendu notre action Quai Colbert où les boches chargeaient pas mal de wagons de sable, graviers, cailloux, pour toutes directions, nous avons coupé plusieurs boyaux de freinage, une rame spécialement préparée par eux a été graissée au sable, mis dans toutes les boîtes de graissage.
7 – Un jour que j’avais coupé plusieurs boyaux de freinage, le sous-chef de gare est venu nous prévenir qu’il fallait faire très attention, que Rouen avait eu deux fusillés pour le même motif. Ceci se passait en septembre 1943.
8- Démoralisation des boches par tous les moyens si bien qu’un jour Benoît a été déshabillé complètement pour voir s’il n’avait pas de tract sur lui. Nous luttions contre les boches, contre l’ennemi, par le sabotage de ses installations, de son matériel et de son ravitaillement.
9 – Recrutement d’hommes parlant anglais et allemand, Mr Guy Lerat (95 rue Anatole France), Mr Bour (117 rue Thiers), Monsieur Carbelot (café des PTT rue Ernest Renan) chez qui nous avons fait plusieurs réunions.
Vers la fin du mois de janvier 1944, je fus contacté par Mr Charles Loisel, 90 rue Thiers (entreprise de peinture). Ordre me fut donné de recruter un groupement et de continuer le sabotage du matériel boche qui lui était destiné ou qui lui servait.
Nous avions ordre de préserver tout ce qui présentait une importance particulière, ouvrage d’art, usine électrique, gaz, où nous avions un homme qui surveillait tout ce qui s’y passait. Défense de se laisser aller à des actions individuelles, celles-ci s’avérant dangereuses cause des représailles sur la population havraise.
Le recrutement de mes hommes devait se faire en leur laissant ignorer l’organisation à laquelle j’appartenais. Ils devaient être toujours prêts à accomplir leur mission.
Voici les hommes dont je pouvais compter au début de mars 1944 :
Votte Lucien - Benoît Georges -Tremel Jean - Basille - Votte André - Herbivot Gaston- Hervieux – Maugis - Maze père- Cloarec Joseph- Habachoff (Abachoff) - Gégo Emile usine électrique- Maze fils – Valery (ou Vallery)- Marie Edouard- Brazider usine tréfileries, renseignement - Deck Bernard- Guy Lerat – Boliec - Maurisse (Morisse)- Verstraten - Bance - Le Coz - Bour- Rats Louis - Floury Roland - Barth Raymond- Félix Dosjoub.
C’est alors que voyant venir le moment du Débarquement, Mr Loisel m’a dit de rechercher des hommes parlant (…) comme je l’avais déjà fait. Au début du mois de mai, je me trouve en présence d’un ami ancien combattant qui me demande à faire partie du Groupe Sappey. Je lui ai répondu que j’allais réfléchir ; j’en parle à Mr Loisel avec qui je me rencontrais dans son magasin, sous le prétexte d’achat de papiers peints. Je lui fis part de la proposition de Mr Garros, Chevalier de la Légion d’Honneur.
Monsieur Loisel me donne l’accord de me mettre en contact avec le Groupe Sappey. C’est alors que j’eus la visite de Monsieur Wuatelet, Lieutenant de vaisseau, officier de la Légion d’honneur.
Après entente entre nous, il fut décidé que je serai chef de la 1ère section, et commandant adjoint du Groupe Cie Sappey (5 sections).
Après diverses réunions, il avait été décidé que des Volontaires iraient prendre l’état-major boche au Blockhaus 20 rue Félix Faure.
Monsieur Lesieur me remit un plan détaillé que j’ai toujours en ma possession. Je suis allé de nouveau voir Monsieur Loisel qui, après étude détaillée, refusa que nous fassions ce coup de main, d’abord parce que nous n’étions pas suffisamment armés.
Il nous aurait fallu au moins une mitraillette et quatre grenades par homme, que d’autre part les boches étaient bien retranchés et terriblement gardés et qu’en cas d’échec, les représailles sur la ville allaient être très sévères, c’est ainsi que le coup de main n’eut pas lieu.
Nous avons porté notre action sur le Quai Colbert, et Georges V, parce que les boches avaient été établi un barrage avec des fûts et des bouteilles d’air pour faire des écrans de fumée ; nous avons vidé les bouteilles et coupé les caoutchoucs. Je fis installer un poste à galène dans la cabane de l’octroi, Cours de la République, où les boches faisaient peser leurs camions.
Avec la complicité d’un nouveau camarade, Pierre Grancher (21 Rue Maréchal Galliéni), c’est encore avec ce nouveau camarade que j’ai saboté une vedette d’officiers, Quai Colbert, en juillet 1944.
J’ai également brûlé le cadre en couleurs d’Hitler, Ce cadre était dans la cabane où les boches venaient faire signer leurs bons de sable.
Comme le Poste du Groupe Sappey était à l’hôpital, M.Loisel m’a dit de chercher avec M. Wuattelet un autre poste parce que dit-il, un hôpital n’était pas un lieu pour réunir des hommes armés. C’est alors que Coignet me conduisit chez son beau-frère, concierge de la Maternité rue de Tourneville, où d’accord avec la Directrice, Mme Gérard, nous avons, Wuattelet et moi, installé notre nouveau poste., où M. loisel est venu nous rendre visite plusieurs fois pendant les terribles bombardements du 5 au 11 septembre, semaine employée à désarmer et démoraliser les boches.
Le 10, M. Loisel nous fit parvenir la circulaire n° 5 ainsi conçue : « des éléments avancés des troupes alliées sont signalés sur le plateau d’Aplemont, prendre toutes dispositions et tenir en alerte tous vos hommes ».
BOZON André, Engagé Volontaire 14-18 à 16 ans et dix mois"
André BOZON a été homologué FFI.
Distinctions : chevalier de la Légion d’Honneur – Médaille militaire – Croix de guerre avec 5 citations – Croix du Combattant volontaire.
André Bozon est décédé le 5 juin 1979 à Montivilliers et a été inhumé au cimetière Sainte Marie (Division : 08 Rang : L Emplacement : 04 (reprise par la ville du Havre le 18/04/2012). .
Légion d'honneurVincennes : GR 16 P 86809
Historique G Sappey (D.Fouache) - Fichier Sappey de Mirebel (M Baldenweck) - Cote 40Z5 (rapport manuscrit de Bozon sur sabotage et résistance du groupe Sappey)
Cote 40Z5 (rapport manuscrit de Bozon sur sabotage et résistance du groupe Sappey)
Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)
Fiche mise à jour le:  20/11/2024


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