Skip to content

Annuaire des résistant(e)s du Havre

© Famille Corniou (Maitron)
Photos


CORNIOU Pierre François Louis

Chronologie : 1940

Statut : 
  • FFI
  • DIR
Date de naissance: 20/11/1896  à Le Havre (76)

Mort pour la France : 12/05/1942 fusillé à Grand Quevilly (76)

Parcours dans la résistance :
 

Né au Havre le 20 novembre 1896 dans une famille de marins, Pierre François Louis CORNIOU, est envoyé dans les Côtes-du-Nord, à l'Île Grande, en Pleumeur-Bodou, où il est élevé une partie de son adolescence.
Il y commence une carrière de marin-pêcheur, d’abord mousse et terre-neuvas .
Pendant la Première Guerre mondiale, il est mobilisé dans la marine militaire, il s’engage à dix-huit ans et participe à la guerre dans les sous-marins.

Puis, en 1919, il choisit la marine marchande, embarque au long cours et accède au grade de lieutenant. Il se marie avec Anna Trégorn, une jeune fille de Plouguiel, dont il aura trois filles et un fils comme lui prénommé Pierre.

Il crée à Rouen un syndicat C.G.T. d'officiers de la Marine Marchande dont il est trésorier en 1939. Aux côtés des républicains espagnols, il navigue sur un bâtiment de la Compagnie France Navigation qui leur apporte clandestinement armes et munitions à Bilbao.

L'officier pose sac à terre en 1939. Devenu employé dans un garage, cet homme « très secret », a une autre activité : il est résistant.

Pierre Corniou est responsable syndical illégal en 1939-1940 et membre du Parti communiste.
Dès 1940, il crée les premiers groupes de patriotes de l'Organisation spéciale, ancêtre des FTP (Francs-tireurs et partisans), qui multiplie les exécutions d'agents de la Gestapo, sabotages de voies ferrées et récupération d'armes volées aux Allemands. Chef du détachement OS sur Rouen, il a 36 hommes sous ses ordres.

Le 20 janvier 1941, avec deux autres marins communistes, Joseph Le Guenedal et Camille Porché, il s’empare d’un stock d’armes et de munitions entreposé dans un hangar du port de Rouen et le dépose 61 rue Cauchoise à Rouen. Cette adresse était celle du foyer de Joseph Le Guénédal qui comportait une cave.
Ce stock fut livré au Parti communiste pour l’Organisation spéciale (OS).

Dénoncé par un cheminot, alors qu'il venait de saboter un camp de matériel allemand, Pierre Corniou est arrêté par la Gestapo le 10 septembre 1941 en même temps que ses deux camarades Le Guénédal et Porche. « Les gendarmes ont trouvé des tracts clandestins cachés à la maison. On ne savait pas qu'il avait ces activités », expliquera son fils.

Les trois hommes sont torturés par les Allemands. Son fils Pierre se rend régulièrement à Fresnes, avec sa mère, visiter son père prisonnier. Au cours d'une de ces visites, il apprend que son père a été fusillé au Mont Valérien, le 12 mai 1942.
« Un curé a renseigné ma mère du lieu où il était enterré. »
Ses camarades Joseph Le Guénédal et Camille Porché furent fusillés au stand de tir du Madrillet.

Le corps de Pierre Corniou fut transféré près de Rouen, où il repose. Son fils montre un extrait de la touchante lettre qu'il a écrite à sa femme avant de mourir : « Très chère petite Anna adorée, c'est la dernière lettre que je t'envoie. J'ai encore quelques heures pour être de ce monde. Je dois être fusillé aujourd'hui. Surtout ma petite femme chérie, sois forte et courageuse... »

APRES LA DISPARITION…

Après l’exécution de son mari, son épouse, impliquée également dans la Résistance locale, prit le relais du combat clandestin : « Ma mère a continué quand mon père est mort. Elle recevait des jeunes résistants et les faisait aller dans les maquis », rapporte Pierre.

Elle fut obligée de fuir la région rouennaise où habite et milite la famille, en lien avec le parti communiste. Le 2 mai 1944 à 2 heures du matin Anna Corniou quitte précipitamment son domicile avec ses 4 enfants pour une destination inconnue. Marie Hélène Lefaucheux née Postel-Vinay, épouse de Pierre (futur directeur des Usines Renault), résistante comme son mari et affilliés à l’O.C.M., est venue d’urgence déménager la famille Corniou, ayant eu vent d’une arrestation imminente.
Ce contact résultait des liens qui s’étaient créés après l’exécution de Pierre Corniou alors que Madame Lefaucheux gérait une organisation de secours aux familles de fusillés : le comité des oeuvres sociales de la résistance (COSOR). Plusieurs courriers conservés dans la famille attestent le soutien de M.H. Lefaucheux,y compris un soutien financier, à cette famille.

C’est ainsi que la famille se trouva à la Faiencerie, hameau de Beaumont les Autels dans la propriété de Elzéard De Layre , baron et père d’Antoine futur chef du maquis Antoine.
La famille Corniou fut logée chez Xavier Paziot le garde forestier du domaine, domicilié avec sa famille à la Bouillante, une maison forestière que l’on gagnait après avoir traversé l’Ozanne, une petite rivière, et avoir donné le mot de passe à Marie Paziot la femme du garde.

Passé ce contrôle il fallait continuer sur 2,5 km à travers bois pour rejoindre le campement du maquis local. Durant son séjour en Eure et loir, Anna Corniou sera témoin de contacts entre un soldat allemand et sa soeur Jeannine qui récupérait ainsi des informations probablement transmises au maquis. Cette “fréquentation” fût suspecte à la libération et la plaça en position d’être tondue ce qui ne se déroulera pas.

La famille Corniou retrouvera la région rouennaise après la guerre.

Pierre Corniou a été homologué FFI et DIR.

Distinction : Médaille de la Résistance française à titre posthume (1956).

Mémoire : son nom fut donné à un cargo de marchandises en hommage à son action de résistant. Son fils assistait au baptême du navire le 29 septembre 1945. Il avait 20 ans.

Claude Pennetier, Maitron

Article de Ouest-France

Article "Pierre et Anna" , Association Cedrel


Décorations : 
Médaille de la résistance

Service Historique de la Défense (SHD) : 
Vincennes : GR 16 P 143164
Caen:  Non référencé

Archives du collectif : 
Liste 76 des Médaillés de la résistance française (M. Baldenweck)

Crédit Photo de la notice :  © Famille Corniou (Maitron)


Telecharger la notice individuelle de Résistant (PDF)

Fiche mise à jour le:  15/10/2024

3 commentaires
0,0 votes
0,0 votes

  1. Bonjour Madame,

    Je m’appelle Géraud Dumas, je suis médiateur culturel au Mémorial du Mont Valérien et je souhaite obtenir des informations concernant votre père Pierre Corniou fusillé dans la clairière le 12 mai 1942.
    Je vois qu’il a été transféré dans un cimetière proche de Rouen suite à la libération.
    Ou est ce précisément ?

  2. Fille de Pierre Corniou

    Je ne suis pas d’accord sur certaines données. Je me tiens à votre disposition pour montrer des documents en ma possession.
    Téléphone
    06 15 78 06 53

    1. bonjour
      de retour de vances a l’etranger je viens de voir votre message
      pas de soucis si vous avez des informations a nous apporter afin de mofifier sa notce
      quand puis je vous appeler

      bien cordialement

  3. Fille de Pierre Corniou

    Je ne suis pas d’accord sur des données relatant parcours de mon père
    Je suis à votre disposition pour vous montrer des documents en ma possession.

    1. bonjour je vous suivre un message qui vous est destiné, nous ommes toujours intérssé pour convenir d’un rendez vous pour consulter les documents en votre possesion si vous le souhaitez
      Bonjour Madame,

      Je m’appelle Géraud Dumas, je suis médiateur culturel au Mémorial du Mont Valérien et je souhaite obtenir des informations concernant votre père Pierre Corniou fusillé dans la clairière le 12 mai 1942.
      Je vois qu’il a été transféré dans un cimetière proche de Rouen suite à la libération.
      Ou est ce précisément ?