Annuaire des résistant(e)s du Havre
Shd Caen
BERSOT Louis Marie
- DIR
Date de naissance: 11/10/1898  à Verneuil sur Avre (27)
 
Né le 11 octobre 1898 à Verneuil-sur-Avre (Eure), fils d’un peintre et d’une giletière, Louis Marie BERSOT, ouvrier métallurgiste, avait été mobilisé dans l’infanterie durant la 1ère Guerre mondiale, et effectua un long séjour dans l’armée d’Orient.
Marié au Havre avec Germaine Degouet et père de quatre enfants, il exerce la profession d’artisan-peintre et de droguiste au n°61, rue Félix Faure, à Bléville.
Il était membre de l’Association républicaine des anciens combattants (ARAC) et secrétaire de la cellule communiste de Bléville.
Militant du syndicat autonome du Bâtiment du Havre dirigé par Émile Alliet en 1923, il appartenait avec Alexandre Pérois à la minorité favorable à un retour au sein de la CGTU. La nouvelle Union locale unitaire du Havre fut créée le 20 avril 1926 avec à sa tête Henri Gautier et les minoritaires du Bâtiment constituèrent un nouveau syndicat unitaire (CGTU) en janvier 1927 fort de 116 militants. Alexandre Pérois fut élu secrétaire, Henri Famery secrétaire adjoint, Fabius de Saint Jores trésorier, Roger Dufour trésorier adjoint et Louis Bersot archiviste.
Le 17 mars 1924, il fut condamné à six mois de prison pour embarquement frauduleux et fut alors inscrit au « carnet B » de la Seine-Inférieure, une liste établie par les Renseignements généraux pour identifier les communistes ou les sympathisants.
Réélu en 1928, il prit la parole en avril devant un millier de personnes, lors d’un meeting communiste dans le cadre de la campagne des élections législatives au Havre. Il s’en prit à Poincarré qu’il accusa d’avoir « fait assassiner 150 000 hommes ». Il dénonça ensuite Painlevé, pour avoir « fait assassiner 20 000 hommes au Chemin des Dames » et s’attaqua enfin à Sarraut.
En 1929, il fut candidat communiste dans le 6e canton du Havre et succéda à Alexandre Pérois au secrétariat du syndicat unitaire du Bâtiment qui périclita l’année suivante. En 1932, il abandonna la vie militante et acheta une droguerie à Sanvic où il réside, 30 rue Monge.
Refusant la défaite en juin 1940 et l’occupation de son pays par les Allemands, selon le Dictionnaire des victimes du nazisme en Normandie, il crée un groupe de résistance en relation avec « L’Heure H » pour lequel il assure des missions de liaison auprès d’Henri Chandelier et le groupe « Le Vagabond bien aimé » de Svétislav Tisritch. Son métier de peintre en bâtiment lui permet d’obtenir des Ausweiss des autorités allemandes pour se déplacer dans la ville et fournir ainsi des renseignements à Tsiritch. Il participe aux stockages d’armes et de munitions, à des sabotages, à la destruction de matériel de guerre de l’armée allemande.
En février 1941, surveillé par le commissaire de police spéciale du Havre, celui-ci le met en garde à propos de « ses activités ». Quelques mois plus tard, le 21 septembre ou le 26 septembre 1941, il est arrêté à Sanvic en tant que communiste. Incarcéré à la prison du Havre, rue Lesueur jusqu’au 22 décembre 1941, il est livré aux autorités allemandes qui le transfèrent au camp d’internement de Compiègne (matricule 2 603
Il y reste près d’un an et demi avant d’être déporté, le 28 avril 1943 vers le KL Sachsenhausen (matricule 64 665), dans le cadre de l’opération Meerschaum destinée à alimenter en main-d’œuvre les usines d’armement du Reich. Il est affecté au Kommando Heinkel une usine qui emploie 6 à 7000 travailleurs forcés pour la construction d’avions de guerre. Il s’agit du plus important camp-annexe de Sachsenhausen, un exemple type d'usine-camp. Les barbelés ceinturent le vaste espace boisé de Germendorf - village à une dizaine de kilomètres au sud-ouest d'Oranienburg-, où alternent les blocks des déportés et les halls de fabrication du constructeur d'avions Ernst Heinkel.
Le camp est évacué le 21 avril 1945 par les Nazis fuyant l’avance des troupes alliées, et Louis Bersot, qui survit à cette évacuation meurtrière, est libéré à Schwerin le 2 mai 1945. Très affaibli, il est rapatrié en France le 21 mai 1945, via le centre d’accueil de Lille.
Louis Bersot est décédé le 6 octobre 1970 au Havre.
Il a été homologué FFI et DIR.
Distinctions : Croix du combattant volontaire 39-45 - Croix de Guerre 39-45 avec palme.
Maitron (Gilles Pichavant, Jean-Marc Doré)
Dictionnaire des Victimes du nazisme en Normandie (Catherine Voranger)
Documents annexés : Fiche matricule (S. Baudouin)
Vincennes : GR 16 P 5076
Fiche Fndirp aux Archives Municipales (F. Roumeguère)
Crédit Photo de la notice :  Shd Caen
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Fiche mise à jour le:  01/06/2025





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